Storia Giovanna cause…

avril 3, 2010

Paris, Institut de France, janvier 2009

Filed under: Storia Giovanna shoote — storiagiovanna @ 6:05

Je vagabondais dans l’hiver parisien, quand je surpris ce jeune saxophoniste sur le pont en bois en face de l’Institut de France. C’était un jour froid, mais agréable. Comme pas mal de fois où je trouve le musicien talentueux, je m’arrêtai quelques instants à le regarder. Puis je pris quelques photos de ses mains, de son instrument, du décor où il était…

En continuant mon chemin, je surpris le dialogue du saxophoniste avec des demoiselles sur un banc. Comme si ces demoiselles étaient énamourées sous le charme des phrases musicales. Tandis qu’un Parisien, sûrement stressé, semblait indifférent à ce manège amoureux, je voulus partager ce moment de poésie en sépia…

mars 27, 2010

What about Spring in Paris

Filed under: Storia Giovanna trippe — storiagiovanna @ 2:02

Cela va faire le troisième printemps que moi, petite Bretonne, je vis à Paname. Et c’est toujours une vraie  joie de redécouvrir la ville telle que j’ai pu la découvrir.

Je suis en effet arrivée à la capitale, et plus exactement à Montparnasse le jour de de mes 25 ans, le 30 mars 2008. Arrivée sans le sou – véridique –, j’ai vécu en deux ans un vrai concentré de vie : entre un stage dans une super maison d’édition – merci l’Atelier –, deux mois de chômage, une carrière qui commence dans une autre maison d’édition géniale, de nombreuses connaissances masculines, une histoire d’amour somme toute assez jolie (sauf la fin, mais c’est une autre histoire), la découverte de Ladies Room et de la batucada, j’avoue que cette période de ma vie m’a semblé plus intense qu’à l’accoutumée.

Et puis Paris, même avec les transports en commun, même avec les Parisiens qui tirent la gueule, même avec les touristes japonais, restera toujours Paris. Coeur de Pirate disait récemment : Quand je suis arrivée la première fois à Paris, même le périphérique, je le trouvais joli… Car c’est une ville qui respire non seulement la pollution et les gaz d’échappement (quand ce n’est pas les déjections), mais aussi la poésie et le romantisme. Ceci est surtout vrai au printemps, quand le soleil rougeoie au-dessus de la Tour Eiffel pour venir se refléter dans la Seine. Ce n’est pas pour rien que des millions d’amoureux se photographient sur le Pont Neuf…

Et puis il y a des choses à faire à Paris au printemps. Voici donc une revue de mes petits plaisirs primesautiers, mais urbains quand même :

Se balader, par exemple au Parc Montsouris. Bon, évidemment, il ne faut pas être allergique au pollen, sinon, c’est une véritable souffrance. Aaaaah… Lézarder sur l’herbe en délicieuse compagnie, à l’écart des étudiants qui viennent réviser (parce qu’en plus, il y a des bornes Wifi à Montsouris – on est à côté de la Cité Universitaire). J’ai des petits souvenirs de lectures amoureuses, moi tranquillement allongée sur le ventre à lire, tandis que mon galant me caressait la tête en somnolant tranquillement avec le son de ma voix… Un seul inconvénient : le RER passe au milieu du parc, certes en souterrain, mais tout de même. C’est un fait : dans tous les parcs de Paris, on n’est jamais coupé de la civilisation…

Comme les jours se rallongent, on est moins pressé de rentrer chez soi. Car « chez-soi », pour un Parisien, se réduit souvent à 10 m², surtout quand on est célibataire. Avouez que c’est déprimant d’être en open space toute la journée et de se retrouver avec une part d’intimité aussi ténue une fois le soir venu. Par chance, Paris, ce n’est pas Saint-Brieuc, il y a un minimum d’animations autres que des punks à chien dans les rues.

Il fait beau, on peut aller en terrasse. Et quel est le principal intérêt de la terrasse parisienne, à part de fumer sa clope ? C’est celui de mater les gens en nombre dans la rue. À ce propos, quand je suis arrivée à Paris, j’ai été stupéfaite (et très émoustillée) de voir la proportion de beaux gosses dans le métro. Je ne savais plus où donner des yeux. Peut-être que cela a fortement contribué à la recrudescence de ma libido… Pour en revenir à la terrasse, l’un des sports incontournables à pratiquer entre copines est celui du matage de fessier, avec si possible barème de notation et assez de vodka dans la glotte pour aller demander le numéro du beau brun qui vient de vous passer sous les yeux.

Les musiciens n’ont plus froid. Donc au lieu de nous briser les parties dans le métro, où, avouons-le, la réverbération n’est pas très flatteuse (d’où l’impression qu’ils doivent vraiment avoir la dalle pour qu’on ait à supporter leurs beuglements de veau atteint de Creuzfeld-Jacob), ils s’adonnent à leur art en plein air, et si possible sans ampli, pour donner un côté plus roots à leur interprétation, ce qui saura ravir davantage les oreilles des plus mélomanes des piétons.

Le printemps, à Paris, c’est aussi culturel. Il y a notamment un fameux festival de jazz que j’adore, Jazz à Saint-Germain-des-Prés, tous les ans au mois de mai. J’y suis allée l’an dernier voir André Manoukian et Nick Cowley avec mon ancien compagnon, et je me suis régalée. Paris et ses festivals de printemps : une vraie bouffée d’air frais.

Enfin, c’est aussi l’occasion de s’en échapper le week-end. Pour aller notamment à Deauville, Cabourg ou la Baie de Somme, voire en Sologne pour les plus campagnards. Un peu comme Rennes : les dimanches, la ville est déserte, ils sont tous partis à Saint-Malo. Paris, c’est pareil…

Bref, Paris revit au printemps. C’est pour cela qu’elle restera pour moi la plus belle ville du monde…

septembre 27, 2009

Apologie du vide

Filed under: Storia Giovanna trippe — storiagiovanna @ 2:15

Avant, pour être célèbre, il fallait au choix :

 

– Avoir remporté des batailles (ou les avoir perdues, c’est selon)

– Avoir un don que l’on exploite (d’où la propension de parents qui sont persuadés que leurs enfants sont des génies, mais n’est pas Mozart ou Edward Norton qui veut)

– Avoir le sens de la gouvernance et de l’ambition (et c’est bien ce que l’on peut reconnaitre au petit Nicolas, même si on ne l’aime pas)

Tout ça, c’était avant les années 2000. Depuis la généralisation d’Internet et de l’exposition médiatique, n’importe qui peut à l’envie devenir un “happy few”, qui finalement, ne sont plus si few que ça. Avant, si on n’avait pas de talent à Hollywood, si on ne tournait pas dans des films bankable, ta célébrité, tu pouvais t’asseoir dessus. Bien sûr, il y avait des wannabe et des starlettes pour nourrir la presse à potins (tels que Paris-Match), mais leur bruit médiatique était quand même peu élevé.

Et puis est arrivée Paris Hilton. Aucun talent, sauf celui de gérer sa fortune et son image. Certains journalistes très sérieux qui se sont penchés sur la question de sa célébrité la résument par cette phrase : Paris Hilton est. Même un mannequin aurait pourtant le droit à un bruit médiatique supérieur, mais à l’heure actuelle, pour être célèbre, il suffit d’être.

Depuis, pléthore de célébrités ont bâti leur couverture médiatique sur ce constat. Cela est notamment bien exploité par les “fils de”. Autant, en France, les “fils de” arrivent quand même à faire quelque chose de leurs dix doigts et à en vivre (Anthony Delon, Julie et Guillaume Depardieu, Charlotte Gainsbourg, Paul Belmondo, Laura Smet, David Halliday pour ne citer qu’eux…), dans les pays anglo-saxons, c’est autre chose. Rumer Willis (et ses soeurs Tallulah et Scout La Rue), Nicole Richie, Calum Best, les soeurs Geldof (Peaches et Pixie pour ceux qui ne suivent pas), avant d’avoir un métier, sont. Ils occupent la place médiatique par leur ascendance, et se trouvent une pige au petit bonheur la chance.

Mais il ne suffit plus maintenant d’avoir quelque ascendance pour aspirer à être. La preuve en est la navrante ascension sur le Net, puis dans les médias, d’un type comme Mickaël Vendetta (non, pas le DJ résident de Fun Radio. Malin le petit…). Ce jeune homme se contente purement d’être, en l’occurrence, beau (selon lui). Et (toujours selon lui), cela lui donne tout simplement le droit d’être “célèbre” et de mépriser tout le monde. Seulement, il a oublié une seule chose.

Si ce genre de célébrité peut se concevoir dans les pays anglo-saxons, en France, il est fortement conseillé d’avoir un minimum de talent, d’humour ou d’intelligence pour persister dans les médias. Choses dont Mickaël Vendetta semble malheureusement dépourvu, au risque de passer pour une statue creuse. Certes, nul n’est prophète en son pays, et sa notoriété peut aisément toucher les États-Unis et le Japon. Mais pour être le nouveau Brad Pitt, il faut peut-être aussi avoir son charisme et son talent d’acteur. Or… vous connaissez la suite.

Je ne sais que penser de cette apologie du vide dont les médias semblent touchés. Faut-il que le monde soit bien triste pour qu’ils délaissent les gens qui ont réellement du talent…

septembre 16, 2009

Panthéon de la guitare

Filed under: Storia Giovanna écoute — storiagiovanna @ 7:45
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Je suis guitariste depuis l’âge de 16 ans, et outre le mec dont j’étais amoureuse à l’époque, beaucoup d’artistes m’ont encouragée à leur manière pour que je continue mes efforts… Alors j’ai fait une liste : 

 

  • Isaac Albeniz, Asturias (Le grand-père de Cécilia ex-Sarkozy donnait déjà dans la musique… Le petit Nicolas aimerait-il tant quand que ça la guitare ? N’empêche que c’était un compositeur de talent…)

 

  • Fernando Sor, Thème sur une variation de Mozart (Mon compositeur classique préféré… En tout cas, le seul à mon niveau ^^)

 

  • Dire Straits, Private investigations (Je le redis ici)

 

  • Eric Clapton, Swing low, sweet chariot (Belle reprise reggae de ce negro spiritual, à l’image de Clapton, que j’idolaâââââtre)

 

  • AC/DC, Razor’s Edge (Angus Young est un malade mental doublé d’un génie…)

 

  • Jimi Hendrix, Purple Haze (Parce que j’admire – Personnellement, j’ai les dents trop pétés par les pelles de mon amoureux pour faire pareil avec mes dents…)

 

  • Bob Dylan, Knock on heaven’s door (Reprise maintes fois par des hordes de folkeux et de métalleux, personne ne donnera cette intensité que lui a donné Dylan…)

 

  • Joan Baez, We shall overcome (J’ai appris cette chanson pacifiste en classe de 1ère… Et j’ai découvert Joan Baez, une femme qui ne fait pas la révolution avec des balles qui tuent, mais avec des mots qui cognent…)

 

  • The Shadows, Apache (J’ai redécouvert ce morceau récemment avec le mix qu’en a fait Fatboy Slim en 1997)

 

  • Chuck Berry, Roll over Beethoven (Pour l’avoir vu en concert en 2006, je peux vous assurer que sa légende est en-deçà de ce qu’il est capable de faire sur scène, même à 80 ans…)

 

  • Django Reinhardt, Minor swing (Parce que je raffole du jazz manouche, et que Django restera à jamais un de ses meilleurs représentants…)

 

  • Joao Gilberto, Chega de saudade (Le jour où je réussirai à passer autant de sentiments avec seulement ma voix et ma compagne la guitare, j’arrêterai d’idolatrer l’inventeur de la bossa nova, et en même temps, de vivre…)

 

  • Renan Luce, Le lacrymal Circus (Mon piou-piou à gra-gratte breton… Je t’aime, je t’aime, je t’aime….)

 

  • Metallica, The call of Ktulu (Pour finir, ce morceau de 1984, réalisé avant le mythique Black Album, avant les problèmes de drogue de James Hetfield… Bref, ils étaient jeunes, fougueux, et putain, qu’est-ce qu’ils était bons!)

Et pour finir, l’un des meilleurs guitaristes au monde, à seulement 35 ans. Il a commencé la guitare à 5 ans, première partie d’Alberto Segovia à 6 ans; à 8, il fait la nique à Alexandre Lagoya et à 12, il humilie Narcisso Yepes. Ce mec, c’est Emmanuel Rossfelder. Je l’ai découvert en 2004 aux Victoires de la Musique Classique, et j’ai découvert un talent fou, une prestance… Regardez-le, il est tout seul sur sa chaise, et il en impose plus qu’un orchestre symphonique…


Ce qu’il joue, c’est Recuerdos de la Alhambra de Francisco Tarrega. Magnifique…

août 4, 2009

Petit voyage musical : le Brésil

Filed under: Storia Giovanna écoute — storiagiovanna @ 8:09

Dans les années 1970, mon papa travaillait à l’usine. Il s’est lié d’amitié avec un Brésilien, au point que, lors de son retour au Brésil, cet ami lui a offert sa guitare, et leur correspondance s’est faite de cassettes où cet ami lui jouait des classiques de bossa nova…

C’est ainsi que mon papa m’a transmis son amour pour la musique brésilienne. Depuis, je rêve simplement de faire deux voyages : un au Japon et un au Brésil. Certes, plusieurs clichés se superposent quand on pense à ce pays : le soleil, les beaux gosses ou les belles filles, les plages paradisiaques, le métissage culturel entre les colons portugais et les esclaves angolais… Mais aussi la violence, la déforestation de la forêt amazonienne, les favelas, des vrais fossés sociaux..

Le Brésil reste donc pour moi une espèce de fantasme que je chercherais à tout prix à réaliser. Cela m’a aussi permis de découvrir un pays dont je suis tombée en pâmoison, le Portugal. Car à l’image de l’ancienne Indochine, Pondichery ou des Antilles qui peuvent représenter une France fantasmée, le Brésil est un Portugal fantasmé (j’espère que tu etayeras ces propos, Luciamel). La différence est qu’il y a aujourd’hui plus d’habitants dans l’ancien pays colonisé que dans le pays colon. C’est le paradoxe de l’histoire entre Brésil et Portugal.

Mais surtout, ce qui nourrit mes rêves de Brésil, c’est la musique. Jusque dans les années 1950, elle se résumait le plus souvent soit à suivre les modèles européens, soit aux souvenirs d’Afrique des anciens esclaves. Cela ne donnait pas encore lieu à des métissages. Comme à peu près partout dans le monde, il y avait la musique des Blancs et la musique des Noirs.

La musique n’est véritablement entrée comme valeur identitaire du Brésil qu’à partir des 1960. Il a suffi que Stan Getz, un saxophoniste américain, rencontre Joao Gilberto, un guitariste fou de jazz pour mêler des rythmes tropicaux à la langueur du saxo. La bossa nova était née avec l’album commun Jazz Samba.

S’en suivent une tripotée d’artistes qui popularisent le samba et la bossa nova dans les années 1960 et 1970 :

Astrud Gilberto, première femme de Joao, qui, à mon sens, a la voix la plus sensuelle au monde.

Antonio Carlos « Tom » Jobim, multi-instrumentiste qui représente une continuité dans la bossa nova

Vinicius de Moraes, Sergio Mendes…

Dans les années 1970-80, avec l’expansion du reggae, les artistes brésiliens sont revenus à des rythmes plus tropicaux. À ce moment-là, les artistes les plus populaires dans le monde sont Caetano Veloso et le très francophile Gilberto Gil, actuel ministre de la Culture sous le gouvernement de Lula.

Fort de sa tradition de métissage que lui a conféré la création de la bossa nova, le Brésil musical est aujourd’hui ouvert à toutes les tendances. Du métal (Sepultura) à l’électro (Zuco 103, Kaleidoscopo), en passant par la pop (Daniela Mercury, Bebel Giberto qui est définitivement la fifille à son papa), il existe une vraie diversité de la création musicale au Brésil. Sans pour autant renier les artistes qui ont fait sa popularité, le Brésil musical est à l’image de ce XXIe siècle, très très créatif.

 

Pour finir, je vais vous offrir une petite friandise : Joao Gilberto en concert, avec sa petite Bebel, toute jeunette (alors qu’elle a fastoche 45 piges aujourd’hui). Personnellement, j’ai été super émue.

 

 

Bon voyage…

août 3, 2009

Woody Allen est mon chef spirituel

Filed under: Storia Giovanna regarde — storiagiovanna @ 12:04

En avril 2008, Woody Allen attaque la marque de vêtements American Apparel pour avoir utilisé une image de lui sans son consentement pour une publicité. C’est moche. Il en réclame donc 10 millions de dollars. Un an après, en mai 2009, le procès se règle à l’amiable avec 5 millions. En vérité, ce n’est pas la représentation de Woody Allen en rabbin sur cette publicité qui est en soi choquante (ben oui, s’il a voulu se déguiser en rabbin dans Annie Hall, c’est son affaire et il assume). Non, c’est que la firme American Apparel ait sous-titré en hébreu Notre guide spirituel. Peut-être sur le ton de l’ironie selon le plaignant…

Bref, quand il ne fait pas valoir son droit à l’image, le juif névrosé le plus connu après Jésus-Christ réalise des films. Jusqu’à ce samedi soir, je n’en avais pas vu un seul. Et, à vrai dire, je ne comprenais pas tout ce foin fait autour de lui. Qu’on loue la mise en scène d’un Scorsese, d’un Tarantino ou d’un Coppola, ça je comprenais. Même si je n’ai même pas vu Apocalypse now ou Gangs of New York. Seulement, je ne sais pas pourquoi, j’assimilais Woody Allen à ces personnes parlant d’un air fat du fait qu’ils soient des artistes incompris.

Et puis samedi soir, je suis allée voir Whatever works. La soirée commençait pourtant bien mal avec Tiny : il pleuvait, il y avait du monde sur la route, Peter von Poehl à l’Hôtel de Ville nous endormait plus qu’autre chose et les sushis étaient bizarre. Bref, il s’en est fallu de très peu pour qu’on passe une vraie soirée merdique. Forts de cette mise en condition, nous nous dirigeons vers la salle de cinéma. Nous nous installons, nous regardons gentiment les pubs, walou. Et soudain, le film commence : c’est parti pour 1h30 de considérations absurdes, d’expositions des pires névroses de la terre qui se réunissent soudain à New York. Et pendant 1h30, j’ai un large sourire. Un vrai bonheur. Comment me suis-je passé de ça pendant toutes ces années ?

Whatever works expose une philosophie de la vie à la fois simpliste et compliquée à mettre en place. En français, cela est traduit comme : Ce qui compte, c’est que ça marche. Que tu aies moins d’esprit que George W. Bush, que tu fugues de chez tes parents vers un monde inconnu, que tu tombes chez un mec qui se prend pour un génie et qui rate tout, même ses suicides, que ta mère WASP à mort te retrouve et se retrouve par la même occasion dans les bras de deux hommes, que ton père psychorigide fasse finalement son coming-out, qu’enfin tu rates ton mariage avec le névrosé qui t’a hébergée et que tu te trouves un mec romantique, tout ce qui compte, c’est que ça marche.

En cela, le premier film de Woody Allen que j’ai vu résonnera en moi comme la première fois que j’ai vu Le fabuleux destin d’Amélie Poulain (merci Jean-Pierre Jeunet) ou Usual suspects (merci Bryan Singer). C’est-à-dire un film qui me surprend, qui me met en joie, qui me fasse dire à la fin : Mais quelle bonne histoire imaginée, alors que c’est une histoire quotidienne. Ces films sont trop rares au cinéma, c’est pourquoi je ne m’y intéresse que très peu.

Et donc, à l’image de Boris Yelnikoff, j’ai trouvé qu’il y avait un peu de Woody en moi. Cette espèce de névrose que certaines personnes ont à se sentir supérieures alors que le monde autour d’elles leur semble tellement peu construit, tellement nul, tellement… humain après tout. Cette espèce de détachement par rapport à la trivialité qu’ont leurs semblables. Et il suffit qu’une personne qu’elles considéreraient comme une moins-que-rien leur remonte les bretelles…

Bref, Woody Allen, avec Whatever works, m’a séduite. En effet, à l’instar d’American Apparel, j’ai trouvé mon guide spirituel.

juillet 29, 2009

Des livres comme une gourmandise #1

Filed under: Storia Giovanna lit — storiagiovanna @ 12:25

J’aime lire tout et n’importe quoi. Depuis que je suis en âge de lire (c’est-à-dire à cinq ans), je lis tout ce qui me passe par la main : un dictionnaire, un mode d’emploi, un hebdo people… et parfois même un livre. Je n’ai commencé véritablement à lire des vrais livres par plaisir qu’à l’âge de quinze ans, lorsque je suis entrée en 1ère L.

J’associe la lecture à la nourriture, voire à la drogue. Oui, une drogue. Quand la première chose que tu fais quand tu arrives chez les gens est de regarder ce qu’ils ont à lire chez eux, et de t’enfermer dans leurs toilettes non sans un magazine, effectivement, c’est une drogue. Mais c’est aussi un vrai plaisir des sens, comme peut l’être la nourriture. Ne dit-on pas, d’ailleurs, que la lecture est une nourriture spirituelle ?

J’aimerais donc entamer aujourd’hui une série qui associe un ouvrage ou un auteur à un aliment. J’ai en effet plusieurs évocations gustatives ou émotionnelles liées à la lecture. Je vais commencer par une de mes premières lectures, à laquelle je reste toujours fidèle :

Yoko Tsuno et les noix

J’ai donc commencé à lire avec le dictionnaire Larousse et les bandes dessinées. Tintin, Lucky Luke, Astérix dans ma prime jeunesse, Manara, Sattouf et Gottlieb aujourd’hui. J’ai ainsi assisté à plusieurs éditions d’un festival de BD assez coté, Quai des bulles à Saint-Malo.

Le premier héros de BD qui m’a marquée est une héroïne : Yoko Tsuno. Imaginée en 1968 par Roger Leloup pour Pif magazine, cette électronicienne sino-japonaise, d’abord soeur d’un héros sans charisme, est devenue une incarnation du nouveau statut de la femme dans les années 1970 naissantes. En effet, au fil des 24 albums, Roger Leloup fait accompagner Yoko de femmes au tempérament battant, laissant les hommes au second plan.

Tout en Yoko s’est inspiré de l’émancipation de la femme. Elle a une vague histoire d’amour avec un de ses coéquipiers (mais reste discrète, de peur que cela nuise à son image), elle tient tête à des grands patrons à la pensée ancestrale, elle adopte toute seule une petite fille chinoise… Lara Croft fait office de bobonne à côté.

Il faut dire aussi que c’est aussi Yoko qui m’a donnée ma passion pour le Japon et sa culture, et non pas la pratique du karaté pendant huit ans, ni mon amour pour les yakitori boeuf-fromage et les sushis au thon rouge, encore moins L’empire des sens. À la première occasion, je prends un vol pour le Japon, ne serait-ce que pour aller à Tokyo, sinon pour réaliser mon rêve de voir l’île d’Hokkaïdo, à la structure plus traditionnelle.

Elle reste donc à mes yeux enfantins une incarnation de la femme accomplissant son destin. Elle bouge, elle réfléchit, elle tempère, elle est en colère… Bref, comme une maman sublimée, un totem que je devrai prendre pour modèle pour construire mon existence. Et, au fond de moi, j’ai toujours rêvé d’avoir une amie asiatique qui m’emmènerait dans des aventures fantastiques et qui compterait dans ma vie.

À treize ans, j’ai rencontré une petite fille de douze et sa maman d’origine philippine. Treize ans après, elles sont toujours là dans ma vie, la petite fille comme ma meilleure amie, et sa mère comme la meilleure amie de ma mère et ma comparse de guitare. Quand je les ai rencontrées, et que je me suis remise à suivre les aventures de Yoko Tsuno, je les ai tout de suite associées à l’héroïne de mon enfance, elle-même passant du statut de maman symbolique à celle d’amie symbolique.

Aux Philippines, les noix sont rares, et en offrir pour la nouvelle année revient à souhaiter bonheur et richesse. Chez ma grand-mère, en Bretagne, les noix sont abondantes, et le goût des noix fraîches restera à jamais une de ces Madeleines de Proust qui empêchent à jamais d’oublier l’enfance. J’aimais à jouer avec mes cousins à lancer les noix contre le mur en granit pour les éclater, puis peler les cerneaux pour nous régaler.

Sachant cette coutume, ma grand-mère offre tous les ans des noix à la famille de ma meilleure amie. La mère de ma meilleure amie, ravie, en envoie une partie à sa famille, aux Philippines, et à ses amies à travers le monde.

À bientôt pour d’autres émotions littéraires et gustatives…

juillet 25, 2009

Comme un samedi matin

Filed under: Storia Giovanna trippe — storiagiovanna @ 10:39

Comme un samedi matin, j’ai le cerveau endormi.

Je rattrape mon sommeil en retard de la semaine. Par conséquent, trop de sommeil tue la réflexion. On arrive à imaginer des choses quelques peu farfelues, qu’on imaginerait davantage sous l’emprise de substances illicites. Certes, pour les plus chanceux, le samedi matin se résume à faire la grasse matinée, mais tout de même…

Bref, comme un samedi matin avec le cerveau endormi, j’écoute  Le Nantais d’Arthur H.

Comme un samedi matin, je suis une petite fille.

Je m’étire comme une fleur dans mon lit. Je fais des petits pas de chat pour ne pas réveiller mes parents et ma soeur. Je fais le petit déjeuner et je dresse la table. Et on se retrouve en famille pour commencer la journée.

Bref, comme un samedi matin plein de soleil dans mon coeur, j’écoute Sunday morning des Velvet Underground/Nico.

Comme un samedi matin, je regarde les nuages passer sur ma terrasse.

C’est l’été et les vacances, et je prends le temps de prendre mon petit-dejeuner alors qu’il est déjà 11h30. Je regarde la campagne éveillée, j’entends les oiseaux chanter. Je suis en état de pleinitude intérieure.

Bref, comme un samedi matin à la cool, j’écoute La ritournelle de Sébastien Tellier.

Comme un samedi matin, je suis dans ses bras.

Nous passons notre semaine à courir le matin, à faire des quickies le soir pour ne pas perdre de temps précieux de sommeil. Là, franchement, il est 10h et on n’a rien de prévu, sauf de se faire du bien.

Bref, comme un samedi matin avec l’homme de ma vie, j’écoute Le risque de Ben Ricour.

Comme un samedi matin, je pense à ma soirée d’hier soir.

D’ailleurs, peut-on parler de samedi matin quand il est déjà 14h ? Non. Mais je viens de me réveiller, après une nuit de pur clubbing avec mes copines… Quelle super soirée !

Comme un samedi matin en retour de boîte, j’écoute No limit de 2 Unlimited.

Comme un samedi matin, je pense à ce que je vais faire samedi soir.

Une sortie dans un bar ? Une deuxième nuit de clubbing ? Que nenni. Ce soir, c’est barbecue à la cool chez le voisin. Je vais apporter une salade, ça va se finir à je ne sais quelle heure, mais encore une très bonne soirée en perspective.

Comme un samedi matin en prévision du samedi soir, j’écoute International Dub de Percubaba.

http://www-v3.deezer.com/music/playlist/saturday-29089220

Storia Giovanna cause

Filed under: Storia Giovanna parle — storiagiovanna @ 9:55

Oui, elle cause… Mais elle cause de quoi, au juste ?

La plupart du temps, elle cause de musique, parce qu’elle aime bien ça.

Il y a quatre ans, en octobre 2005, une étudiante en histoire s’est mise à publier sur le Web des critiques de groupes et de concerts qu’elle avait vus. Ce fut la première Rocktaverne. Cette aventure, sous différentes formes, a duré pendant 3 ans 1/2, puis Mademoiselle, devenue secrétaire éditoriale, s’est lassée.

En avril 2008, Storia Giovanna découvre Ladies Room, un magazine participatif bien sympa pour les filles qui ont des choses à dire. Au début, elle avait du mal à trouver ses marques. Maintenant, c’est un élément assez actif de la maison. Elle se déchaîne durant les drinks, elle publie à qui veut mieux… Bref, elle a trouvé un espace qui lui convenait.

Et puis, en ce mois de juillet 2009, après avoir tenté plusieurs fois de remettre des blogs en place, elle s’est dit qu’il était temps qu’elle réouvre pour de bon un vrai blog à elle toute seule.

Le voici.

Dans un premier temps, ce sera des archives d’anciens papiers publiés un peu n’importe où, puis l’hôtesse des lieux assure que ce sera un peu plus suivi que ses autres blogs… Enfin, elle espère…

À bientôt.

Storia Giovanna

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